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La Rose de Djam III : Le Pôle du monde. Chapitre II : Le village de terre

La Rose de Djam: III. Le Pôle du monde
Chapitre II : Le village de terre


« Il se tient en embuscade près des villages,  Il assassine l'innocent dans des lieux écartés;  Ses yeux épient le malheureux. » Psaume 10.8



Jusqu’au soir, elle ne vit aucun Noir, n’ayant croisé que quelques paysans qui, au vu de sa défroque de derviche, l’auraient volontiers abordée, et peut-être même abreuvée et nourrie, si son état, visible à tous, ne les eût effrayés.  Sibylle se disait que l’idée du Pôle était bonne, certes, qui lui faisait éviter questions et hospitalité trop insistantes. Mais elle pouvait la vouer à mourir d’inanition, si tous la fuyaient de la sorte. Elle savait que dans les villes et dans les pieuses fondations des princes, les lieux de repos et de soin ne manquaient pas pour les indigents et les malades, même lépreux. Il lui fallait gagner une bourgade d’où elle pourrait mieux s’orienter dans le choix de son itinéraire, et où de charitables établissements lui permettraient de reprendre des…
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La Rose de Djam III : chapitre I, Dans les pas du Verdoyant

À feuilleter ou acheter sur Amazon : La Rose de Djam: III. Le Pôle du monde

Chapitre I : Dans les pas du Verdoyant


« Mes pas sont fermes dans tes sentiers,  Mes pieds ne chancellent point. » Psaume, 17.5



Au bas de la pente qu’elle avait descendue avec lenteur et précaution par peur de tomber et de souffrir davantage de son bras cassé, Sibylle vit que les alentours étaient aussi silencieux et déserts que s’il n’y avait jamais eu aucun tumulte ni assaut mortel des Noirs, ce dont, pourtant, les corps des uns et des autres – ceux des Frères de la Droite Voie et ceux des Fidèles de vérité – témoignaient.  Mais bien qu’il fût midi, ni son ni mouvement de bêtes à poil, d’oiseaux ou d’hommes n’animaient un paysage qui ne semblait fait que de pierres et d’air.
« – Quand saurai-je que tout est fini ? – Quand tu seras revenue d’où tu es partie.  – À Terra Nuova ? – Non. Là d’où tu es vraiment partie, Sibylle, au seuil où Il t’attend. »
Elle se demandait toujours ce que pouvait être, aux yeux des Quarante,…

La Rose de Djam II : chapitre IV, Le cavalier de l'Orient

CHAPITRE IV : LE CAVALIER DE L’ORIENT

« … il a fait du héraut de la Lumière levante le cavalier de l’Orient. »  Strophe de l’observation vigilante Shihâb al-Dîn Yahya Sohrawardî




L’aube tardait à pointer en ce jour hésitant d’hiver où, sur les monts du Taurus, les pans de neige le disputaient à la terre, déjà teintée, par endroits, d’une infime ombre vert-de-gris, comme un duvet de printemps sur les joues d’un adolescent.  Assis sur ses talons, mains posées sur les genoux, le Maître de l’Instant, le Sheikh de l’Orient naissant, regardait la vallée de Kharpert, du haut d’une terrasse de la citadelle. Un de ses disciples avait insisté pour couvrir ses épaules d’un manteau, mais il n’était guère conscient de la fraîcheur de la nuit, pas plus que de l’onglée à ses doigts. Alors que ses yeux erraient, sans les voir, sur les crêtes embrumées, dans la nuit déjà plus grise que sombre, il guettait le lever de l’astre, tandis qu’à quelques pas derrière lui, six de ses murîds, assis en cercle autour d…