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Affichage des articles du avril, 2008

Parution : Knowlegde, février 2008

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Arrivé par je ne sais quel hasard - sans doute un ange-postier - dans le casier de la biblio, voici le premier numéro de Knowledge, le journal des élèves de l'école internationale de Duhok, lancé en février de cette année.
Le journal, patronné par Mgr Rabban al Kas, a pour rédacteur en chef Yalda Toma Zebari et rédacteur adjoint Mass'oud G. Obaid. Quant à l'équipe éditoriale, elle est composée de Andrews Merza Youkhana, Nazik Abdulhakim, Vean Abdulhameed Mohamed, Kamel Butres Benyamin et Duaa Ihsan.
La direction artistique et le design sont assurés par M. Mass'oud Obaid.
Il est indiqué que pour toute suggestion ou participation, vous devez vous adresser au + 664 (750)4834973. La rédaction indique que les articles publiés dans Knowledge le sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs. Quant aux langues de ce journal, elles sont pour le moment : l'anglais, le français, le kurde et l'arabe et il est mentionné que l'araméen viendra plus tard. L'éditorial…

TURQUIE : L’AKP, LE DTP ET LE CHP MENACES D’INTERDICTION

Trois partis représentés au Perlement d’Ankara sont menacés de fermeture par décision judiciaire : a formation gouvernementale AKP, le parti pro-kurde DTP et le vieux parti kémaliste CHP, fondé par Atatürk lui-même. La menace qui pèse sur le premier défraie la chronique bien au-delà des cercles politiques turcs, puisqu’il s’agit non seulement du parti au pouvoir, élu avec 47% des voix, mais aussi de celui qui a bénéficié d’une certaine faveur de la part des instances de l’Union européenne, malgré un enlisement des réformes engagées depuis sa première élection. Pour un certain nombre de propos et une réforme, au demeurant minime dans les faits, mais à grande portée symbolique en Turquie (celle d’autoriser le port du foulard islamique à l’université), l’AKP et ses dirigeants vont être poursuivis pour « activités antilaïques », avec l’accord de la Cour constitutionnelle. En plus de la dissolution du parti, le procureur général Abdurrahman Yalçinkaya a requis 5 ans d’exclusion de la vie …

TURQUIE : 53 MAIRES KURDES CONDAMNES

Le harcèlement judiciaire contre les élus du DTP et la société civile kurde ne faiblit pas en Turquie. Plusieurs sentences ont été ainsi rendues, et d’autres procès sont en cours, à la fois contre des acteurs politiques, des responsables d’associations, des journalistes ou des particuliers. La Cour de Diyarbakir a condamné 53 maires kurdes à deux mois et demi de prison pour avoir, en 2005, écrit une lettre commune au Premier ministre du Danemark, Anders Fogh Rasmussen, dans laquelle ils lui demandaient de résister aux pressions exercées par la Turquie pour fermer la chaîne de télévision Roj-TV accusée de « liens organiques » avec le PKK. Mais prenant acte de la « bonne conduite » des maires durant le procès, la cour a commué la peine en une amende de 900 euros chacun. Ces maires ont été jugés coupables de "soutien délibéré" au PKK. A l’annonce de cette condamnation, le Premier ministre danois a vivement réagi dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP : « Il est incompréhe…

"Le roman est un rêve vérace et un rêve décevant. "

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"Les vérités dévoilées dans les faces de beauté et dans les récits légendaires seront les miroirs du Soi authentique du prince Bahrâm, et le roman entier peut se lire comme une quête de ce Soi au prisme des épiphanies. Celles-ci révèlent autant de figures de l'activité créatrice divine, et ces figures ne font qu'un avec les aspects intimes du Soi. "Qui se connaît connaît son Seigneur", "énonce une célèbre tradition. Dans la connaissance de soi, le devenir immortel, cette finalité de la sagesse, s'effectue par l'unification de l'amant avec l'Aimé, du Seigneur personnel dévolu au Soi et de la subjectivité qui le recherche. "

"Le corps se forme à la souveraineté et l'âme à la droiture. Pour préserver l'esprit de justice, rien n'est supérieur au mépris du monde. C'est pourquoi Nezami multiplie les adages où est répétée l'exigence d'un désenchantement du monde. Celui-ci est flux d'apparence, le temps est lourd…

La beauté est le gibier des cœurs

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comme sa mère - surnommée l'Impudente - l'incitait constamment à combattre les Turcs, meurtriers de son père, en lui montrant la chemise de ce dernier couverte de sang, Al-Mu'taz lui dit un jour : 

255. Ôte-la de ma vue sinon, au lieu d'une chemise, il y en aura deux.

Ahmad ibn Yûsuf, .../828, vizir d'al-Ma'mun, épistolier et poète :
Il écrivit à l'un de ses amis, en guise d'invitation :
330. Le jour où l'on se rencontre est court
aussi pour lui venir en aide sois matinal.

'Ubaydallah ibn 'Abdallah ibn Tâhir, 838/913, gouverneur, érudit et poète :
678. Elle me servit à boire, dans une nuit pareille à ses cheveux,
un breuvage semblable à ses joues, et les gardes étaient loin.
Et je demeurais plongé dans les deux nuits, de ses cheveux et des ténèbres
entre les deux soleil du vin et d'un visage aimé.

Ibn Tabâtabâ al-Alawî, .../934, érudit, poète et professeur :
681. Je sacrifierais ma vie pour celui qui est absent de ma vue
et a sa place dans m…

Efrîn, les Kurdes, l'olivier...

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Dans le cadre de l'exposition

Natures vivantes : regards d’enfants

conférence

Le mercredi 30 avril à 17 h

Au Musée de l’Homme 17 place du Trocadéro
Salle de cinéma JeanRouch
Entrée libre


Dessin de Hêvîn Saleh et Mizgîn Houssain

La culture de l'olivier par les Kurdes d’Afrin en Syrie du Nord. Regard sur les interrelations Homme, Arbre & Territoire

Par Sophie-Anne Sauvegrain, doctorante à l’Université de la Méditerranée & Zaloukh Khalil. enseignante de la langue française

TURQUIE-IRAN : 12ème REUNION DELA HAUTE COMMISSION DE SECURITE

Une fois de plus, la Turquie et l’Iran annoncent un renforcement de leur coopération en matière de sécurité. Lors de la 12ème réunion de la Haute Commission de sécurité (, la dernière réunion ayant eu lieu à Téhéran, en février 2006), qui s’est tenue à Ankara du 14 au 18 avril, les discussions ont tout particulièrement porté sur les activités du PKK et son alter ego iranien, le PJAK. La délégation iranienne, composée de huit membres, était menée par le représentant du ministre de l’Intérieur Ali Akbar Mohtaj, la délégation turque par le Sous-secrétaire du ministre de l’Intérieur, Osman Gunesh. La délégation turque comprenait de hauts officiels de la Police nationale, des services de renseignements (MIT), de la Gendarmerie et du ministère des Affaires étrangères. Cette commission existe depuis 1988 mais n’a guère été active durant la première décennie qui a suivi sa création. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les services iraniens avaient noué des liens étroits ave…

Les Sept Portraits : Le Kurde, sa fille, le Dôme du Santal

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Or donc, en résumé, les nouveaux mariés "d'aventure, traversèrent une ville où la fille du roi souffrait d'épilepsie". Comme quoi, tout est bien calculé. Le roi, naturellement, a promis sa fille à qui la guérirait. Bon se présente avec son remède, guérit la princesse en un tour de main, laquelle, à peine remsie sur pied, réclame d'épouser son médecin. Ainsi, "sur le vouloir de l'épousée et l'accord du père, Bon devint époux en dépit de Mauvais". L'histoire ne mentionne pas si la fille du Kurde était d'accord elle aussi, et d'ailleurs, le trio devient vite un quatuor, puisque la fille du vizir, que la petite vérole avait rendue aveugle, est aussi guérie par Bon et, comme l'explique galamment Nezami :

"Cette beauté également devint épouse de Bon ; vois l'orfèvre qui perça plusieurs perles !
Bon joignit aux délices de ces trois épouses la tiare de Chosroès et le trône de Kay Kavûs.
Tantôt il visitait la fille du vizir : tous s…

Querelle linguistique au Kurdistan

Va-t-on vers une "loi du turban" au Kurdistan, analogue à la splendide "loi du Chapeau" turque ? Ce qu'il y a de bien chez les Kurdes, c'est que lorsqu'ils manquent d'ennemis, ils se fabriquent des guerres internes tous seuls. Ainsi, la querelle linguistique, jusqu'ici très larvée, des Sorans et des Kurmandjs (Behdini), connait une certaine publicité ces derniers temps.

Il faut comprendre, pour les néophytes, que le kurde est divisé en plusieurs dialectes mais que, pour simplifier, on va ne s'occuper que des deux grandes langues, le kurmandji et le sorani, qui sont l'un à l'autre ce que l'oil et l'oc étaient chez nous. Le kurmandji a numériquement plus de locuteurs que le sorani mais ce dernier a bénéficié de la chance historique d'être parlé en Irak et en Iran, et donc de n'avoir pas eu à subir l'interdiction totale de son usage et de son enseignement comme le kurmandji en Turquie, ou la tolérance de son usage mai…

Les Sept Portraits : Le Kurde, sa fille, le Dôme du Santal

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"Le Kurde, sage et avisé, releva la tête et, du hall, renvoya tous les serviteurs.
Il dit à Bon : "Ô jeune homme éclairé, à la fois réfléchi, beau, aimable et réservé :
suppose que, de retour en ta ville, de quelque autre compagnon tu subisses l'épine !
Ici, richesse, bien-être et bonheur sont à toi ; sur tous, bons et mauvais, tu as haute main.
Les hommes bons ne lâchent pas la bride aux mauvais ; ils ne livrent pas l'ami à l'ennemi.
Je possède de grands biens, mais voici : je n'ai qu'une fille unique et chérie,
une fille aimante, serviable et douce : dire qu'elle n'est pas parfaite serait indigne !
Le musc a beau être caché dans la poche, avéré de par l'univers est son parfum.
Si tu mets ton coeur en notre fille et en nous, tu nous seras plus cher que la vie.
Pour cette fille incomparable, je te choisis, de plein gré, comme époux.
Je te donne tout ce que j'ai en moutons et chameaux ; tu seras ainsi pourvu de capital.
Quant à moi, heureux et fortuné…

Conférence : Les manuscrits syriaques

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La conférence est à présent écoutable en ligne sur le site du Cercle catholique syriaque.

Coup de projo sur : The Wind, Kayhan Kalhor, Erdal Erzincan

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Après The Rain et Ghazal qui était, avec la voix de Shudjaat Husein Khan, une rencontre Orient-Occident, Keyhan Kalhor remet ça dans le sens inverse avec les saz (baglama) du virtuose Erdal Erzincan, originaire d'Erzurum et d'Ulas Özdemir. Dans cette partie improvisée, c'est donc Kayhan Klahor qui, cette fois-ci, joue l'oriental devant les "occidentaux". Mais je dois dire que, contrairement à sa collaboration avec Shujaat Khan, il n'y a rien d'une rencontre entre deux continents, qui seraient exotiques l'un à l'autre, dans ces prestations. Les mélodies qu'Erdal Erzincan et Ulas Özdemir sortent de leur saz sonnent tout à fait kurdes et seul le kemençe de Kayhan leur donne une petite touche rojhelatî... Mieux, même : la haute exigence artistique des musiciens d'Iran a permis aux deux joueurs turcs de sortir des conventions qui tirent sur la variété, comme l'explique Keyhan et de fait, cela sonne plus comme un retour aux sources si n…

Les Sept Portraits : Le Kurde, sa fille, le Dôme du Santal (suite)

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"Chaque matin, devant le Kurde auguste, Bon nouait la ceinture de la servitude.
A la garde des chameaux et le soin du troupeau il montrait assiduité et compétence.
Il gardait le troupeau du fléau du loup ; sur tous, petits et grands, il veillait.
Le Kurde, nomade parcourant les déserts, quand vit qu'il se pouvait reposer sur lui,
il le distingua par son amitié : il le nomma régisseur de tous ses biens.
Bon, une fois le familier de la maison, ample fut le registre des investigations.
On lui demanda les circonstances de sa blessure, de qui lui était venue pareille injure.
Bon ne cacha pas l'histoire de Mauvais ; ce qui lui était arrivé, bon et mauvais, il dit tout :
l'affaire des rubis et l'achat d'un peu d'eau, comme le feu de la soif le faisait griller ;
les yeux, ces joyaux, lui avaient été arrachés ; les rubis, ces autres joyaux, dérobés :
Mauvais avait percé les perles, emporté les rubis et, d'eau sans donner, planté là l'assoiffé.
Le Kurde, quand entendit…

Les Sept Portraits : Le Kurde, sa fille, le Dôme du Santal (suite)

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"Le Kurde, à la nuit, quand rentra de la plaine - il avait faim et soif et se devait sustenter -,
vit en entrant un spectacle insolite ; sa bile en fut d'autant échauffée.
Il vit un être qui gisait inconscient ; tel qui, blessé à mort, a rendu l'âme.
"D'où vient ce malheureux, demanda-t-il ; pourquoi est-il de la sorte réduit et prostré ?"
Ce qui, au début, était arrivé au jeune homme, personne, au juste n'en savait le détail.
On lui fit le récit des yeux arrachés : par le glaive l'onyx avait été percé.
Quand le Kurde vit que cet infortuné gisait là aveuglé, la vue scellée,
il dit : "D'un branche de tel grand arbre, il n'est que de cueillir quelques feuilles ;
de piler ces feuilles, d'en extraire le jus et d'en oindre la plaie : de brûlure il n'est plus.
Si pareil onguent pouvait être préparé, ses yeux recouvreraient la lumière.
Toute blessure à l'oeil, aussi sévère soit-elle, est guérie par le suc d'une ou deux de ces feuilles…

Radio : palmyre

Lundi 28 avril à 13h30 sur France Inter : Palmyre, avec Annie Sartre-Fauriat et Maurice Sartre. 2000 ans d'histoire, P. Gélinet.

Les Sept Portraits : Le Kurde, sa fille, le Dôme du Santal

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Il arrive que les Kurdes aient le beau rôle dans la littérature islamique. Nezamî, cet Azéri de naissance, en tout cas, le leur donne dans la légende contée par la princesse de Chine, sous le Dôme couleur de Santal.

L'histoire commence ainsi. Deux jeunes gens, un bon et un mauvais, respectivement appelés Bon et Mauvais, comme ça personne ne s'y trompe, pour se rendre en une ville, doivent traverser un désert. Bon, qui est peut-être bon mais imprévoyant, n'ayant pas économisé ses provisions de voyage, se retrouve vite assoiffé, au bout de sept jours. Mauvais, qui est mauvais mais avisé, avait gardé en secret une outre pleine d'eau. Découvrant que son compagnon s'abreuve en cachette, Bon le supplie de lui vendre une gorgée d'eau en échange de tous les rubis et trésors qu'il transporte. Mais Mauvais lui réclame en paiement "deux rubis qu'il ne pourra jamais lui reprendre" soit les yeux de Bon. A la fin, se voyant près de mourir de soif, Bon se rés…

Coup de projo sur : L'ensemble Ibn Arabî

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Le cheikh Muhyiddîn Abu Bakr Mohammad Ibn Alî 'Ibn Arabî al-Hâtimî, plus connu ici sous le nom d'Ibn Arabî, en Syrie sous celui de Cheikh Muhyiddîn (qui donne son nom au quartier de Damas, où son mausolée se trouve haut perché en la ville), et couramment appelé le Cheikh al -Akbar (le plus grand des cheikhs) par ses disciples et fans, était philosophe, métaphysicien, mystique inspiré, grand murshid. Né à 1165 à Murcie, il meurt à Damas en 1240. C'est un flambeau du soufisme, et Corbin le considérait comme "un des plus grands théosophes visionnaires de tous les temps." Son influence fut immense sur tous les platoniciens qui lui succédèrent, et l'on ne peut comprendre les grands mystiques kurdes qui professent la "religion de l'amour" sans connaître son oeuvre.

Comme beaucoup de soufis, il était aussi poète et ce sont ses hymnes et ses "professions de foi" qu'interprète l'ensemble dont le Cheikh al Akbar est l'éponyme, et qui…

Radio : chirstian jambet, faille de zagros

Dimanche 20 avril à 18h10 sur France Culture : La sagesse de la mort, avec Christian Jambet pour Mort et résurrection en islam. L'au-delà chez Mullâ Sadra, Albin Michel. Cultures d'islam, A. Meddeb.

Mercredi 23 avril à 14h00 sur France Culture : Géodynamique : la faille de Zagros en Iran. Avec Philippe Agard (université paris VI). Planète Terre, V. Charpentier.

Poésie ésotérique ismaélienne : la Tâ'iyya de 'Amir b. 'Amir al-Basrî

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Dans la Ta'iyya d'Amir ibn Amir al-Basrî, le commentaire d'Yves Marquet qui l'a traduite (Maisonneuve & Larose), sur le vers 36 :

A partir de Lui a resplendi un [être] absolu, qui, par une éternelle unité, a lié l'ensemble des hommes,

fait allusion à ce que Henry Corbin appelait le "drame cosmique" du Deuxième Créé, l'Âme, voulant contempler l'Un sans l'intermédiaire du Premier Créé, l'Intellect, et se faisant rétrograder (à l'insu de son plein gré) au Xème rang, entraînant toutes les âmes qui dépendaient de lui : les âmes humaines. L''Âme devenue la Xème Intelligence se rend compte de son erreur, et est obligé, pour sauver ses âmes vassales peu à peu gagnées par la ténèbre comme par l'ombre du Mordor de jeter tout ce monde dans le monde des corps, afin que tous se rachètent en remontant, à la suite du fautif repenti, degré par degré, les échelons de la purification. Ce qui est d'ailleurs assez joli comme idée, cette …

Je me sais, donc je suis

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Dans le Heft Peykar de Nizamî, ou les Sept Beautés, un passage qui montre combien pour cette pensée iranienne, la "damnation" c'est la méconnaissance de soi, poussant au plus haut le "Qui se connaît connaît son Seigneur" (ou son Imam pour les chiites, voire l'Âme du monde pour les ismaéliens) :


"Celui qui se connaît soi-même, tel qu'il est, celui-là est vivant, éternel.
Mortel est celui qui son propre visage ignore ;
immortel est celui qui cette image déchiffre.
Quand, au vrai, tu te connais toi-même,
bien qu'à l'origine voué au trépas, tu ne meurs jamais. et donc : "Mais ceux qui de l'être ne sont pas avertis par cette porte entre et par cette autre sortent."

(trad. Isabelle de Gastines).

Le déjà-mort, c'est celui qui s'ignore. Ce qu'à la même époque, Sohrawardî disait aussi :

114. Tout ce qui connaît une ipséité (dhât) dont il n'est jamais absent, n'est pas un être de la nuit puisqu'il est révélé soi-même à soi-m…

Stat rosa pristina nomine; nomina nuda tenemus

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"Ne dis pas que les hommes éloquents sont morts ;
qu'ils se sont noyés dans l'océan des mots.
Il n'est que de mentionner le nom de l'un d'eux :
aussitôt, tel un poisson, il sort la tête de l'eau.
La parole, qui tel l'esprit est sans défaut,
est gardienne du trésor de l'invisible.
L'histoire encore non dite, elle la connaît ;
le livre encore non écrit, elle le lit.
Vois, de tout ce que Dieu a créé,
que reste-t-il hormis le nom ?
Le seul vestige qui subsiste de l'homme,
c'est la parole ; tout autre n'est que vent."


"Tant que tu es en vie, tel l'éclair, meurs afin de rire ;"
la souveraineté de l'âme prévaut sur celle du corps."






BNF Supplément persan 1029, folio 216 Les Cinq Poèmes de Nezâmî, Les Sept Portraits
Bahrâm Goûr passe le dimanche dans le pavillon à coupole jaune et écoute le récit de la fille du César de Byzance Ecole safavide, 1620-1624
Dans le Heft Peykar de Nizamî, ou les Sept Beautés, un passage qui montre combie…