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Affichage des articles du février, 2007

Radio, exposition, cinéma : Jean Kellens, mythes platoniciens, Islam, Arménie

Sur France Culture :

Du lundi 5 au vendredi 9 mars:

à 6h00 : L'Eloge du savoir, Langues et religions indo-iraniennes. Liturgie, panthéon et dialectique des âmes. Cours de Jean kellens.

à 11h : Les Chemins de la Connaissance, Les Mythes platonicien. J. Munier.

à 13h30 : Histoire de... l'Islam, par A. Meddeb.

- mercredi 28 : le califat.
- jeudi 29 : la grande discorde. Les Kharidjites.
- vendredi 30 : entre sunnites et chiites.
- lundi 5 : avec l'ange Gabriel.
- mardi 6 : Coran créé, Coran incréé.
- mercredi 7 : entre La Mecque et Médine.
- jeudi 8 : l'empreinte de la langue.
vendredi 10 : la notion de civilisation.


Expositions :

Les Douzes capitales d'Arménie : Conciergerie, 1 quai de l'Horloge, Paris I. Jusqu'au 18 mars.

Armenia Sacra : Musée du Louvre, 99 rue de Rivoli.


Cinéma :

Dol ou la vallée des tambours

Paris : Reflet Médicis III, 7 rue Champollion, M° Cluny ou St-Michel. Vendredi, à 11h40.

Chevilly-Larue - Centre André Maraux, 102 av. du Général de Gaul…

Les Mandéens, nouvelle minorité du Kurdistan

La suite de l'histoire des minorités cibles des Kurdes mais qui par pur masochisme se réfugient au Kurdistan...

56 familles mandéennes ont quitté Bagdad pour venir se réfugier au Kurdistan. Selon Saadi Thijil, de la News agency Voices of Iraq (VOI), 40 familles se sont installées à Erbil (Hewlêr), 4 à Khabat, 8 à Silêmanî et 4 à Koysandjaq. Il ajoute que bien que les Mandéens se soient pas une cible directe dans le conflit entre Sunnites et Shiites, ils se trouvent tout simplement au milieu du champ de bataille, et que la majorité des Mandéens ont émigré en Europe, en Syrie et en Jordanie, mais qu'une partie a donc opté pour le Kurdistan. Selon lui, il y avait 65.000 Mandéens dans les années 80, et il n'en reste plus que 10 000 aujourd'hui.


source Kurdish Aspects.

Pétrole irakien : les Kurdes donnent leur aval à la future loi

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Finalement les Kurdes et les Irakiens se sont mis d'accord sur le brouillon de la nouvelle loi sur l'exploitation et le partage des revenus pétroliers dans le pays, qui essaie de rééquilibrer la distributions des ressources en faveur des sunnites, mais sans déposséder les régions fédérales de leurs droits. L'accord a été annoncé par le président du Kurdistan Massoud Barzani, lors d'une conférence de presse, aux côtés de l'ambassadeur américain Zalmay (les US tenaient beaucoup à ce que soit réglée cette question avant leur départ d'Irak) et le président de l'Irak Jalal Talabani (avant son hospitalisation). Barzani a indiqué que les deux présidents avaient discuté de cela "par téléphone" avec le Premier Ministre chiite Nouri al-Maliki. Jusqu'ici les débats sur la nouvelle loi butaient sur les exigences des Kurdes qui voulaient avoir un pouvoir de décision plus grand concernant la signature des contrats et la gestion des revenus pétroliers.

Les Ir…

Roman de Baïbars

Mise en ligne sur Kurdistan-name des commentaires rassemblés du Roman de Baïbars, avec beaucoup d'extraits en plus et quelques coquilles et fôtes en moins (mais pas toutes, c'est mon côté "Laissez-les vivre"). Dans Menu aller dans Culture, c'est le dernier de la liste.

Cette semaine coup de projo sur : On the way to Bethlehem

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Les Mevlevi sont à l'honneur cette semaine, se produisant à Paris avec les Kardes Türküler. Si ces derniers ont le mérite d'exister ce n'est pas franchement la musique que je préfère, alors j'en profite pour diffuser ces deux joyaux que sont Dinarazade et Mevlana, airs mevlevis de Syrie et de Turquie, qui ont l'originalité d'ouvrir et de clore un trajet musical médiéval qui va d'Angleterre et de France, traverse l'Europe centrale et l'Anatolie jusqu'au Levant. Les deux airs de danse soufi ont une nonchalance presque insolente, avec un côté jazzy qui en font un blues envoûtant.


Les Maîtres et les étapes

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Le côté gnan-gnan, moralisateur et un peu fayot d'Abû Bakr Kalâbâdhî, qui veut absolument ramener tous les soufis dans le courant "modéré", en atténuant les écarts des pires malamatî, ne peut pas toujours cacher l'insolente fulgurance des rires ou haussements d'épaules de certains fuqara...

J'aime bien les réponses de Chiblî où le questionneur ne devait plus savoir quelle était sa question une fois qu'Abû Bakr Dhulaf eut répondu :

"On posa à Chiblî la question : "Pourquoi les soufis ont-ils été appelés de ce nom ? - Parce que, répondit-il, on les a désignés par un mot qui existe, pour les définir et pour affirmer leur qualité, bien qu'ils ne soient (en réalité) désignables que par la disparition de tout caractère définissable et qu'en ce qui les concerne il ne reste plus d'eux que le nom, qui les définit et qui affirme qu'ils sont qualifiables." Sur le repentir et l'oubli, la grande arme de certains fakirs... "Interrogé…

Les Kurdes du Djibal, de Shahrazur et de Suhraward

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Sur la carte dessinée par Ibn Hawqal, dans le grand carré vide avec une croix au centre qui est sur la gauche de la route de Rayy à Hamadan, le géographe a inscrit : Estivages et hivernages des Kurdes.



Les Kurdes occupent naturellement le Djibâl (ancienne médie) mais semblent avoir infiltré certaines villes qu'ils n'occupaient pas originellement, au coude à coude avec les Daylamis :

"D'Abhar à Zandjan : 20 parasanges. Abhar était autrefois une ville importante, mais les Kurdes ont assailli cette cité en même temps que les contrées adjacentes et le Daïlam : ce fut dès lors la décadence."

Il en va de même de la ville de Shahrazur. Si les attaques des Kurdes ont fait décliner la ville d'Abhar, ce n'est pas le cas de Shahrazur. Ibn Hawqal y note bien l'absence d'Etat (ni officier ni impôt) et donc le fait que ces Kurdes y vivent dans une grande indépendance. Malgré ou à cause de cela, il ne s'agit nullement là du désordre et de l'absence de lois …

Printemps, été, automne, hiver... et printemps

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Il y a un décalage très drôle entre les deux fins de ce film, la fin destinée aux Occidentaux (et donc aux judéo-chrétiens) et celle destinée à la Corée (et donc aux Boudhistes). Dans la première, l'enfant revenu apporte tout le message optimiste qu'une naissance est censée symboliser : la vie toujours renouvelée, l'espoir, le printemps éternel... Dans la seconde, la vision boudhiste, plus drôle et plus cruelle, rappelle que la vie qui recommence c'est la souffrance qui triomphe, et aussi la cruauté, et la mort subie et donnée. Dans la fin occidentale, les yeux d'un enfant sont porteurs d'innocence et de purification. Dans la "vraie fin" coréenne, les yeux d'un enfant sont la promesse d'un assassinat toujours renouvelé.

Jours tranquilles à Shêxan

Il y a quelques jours une attaque des Kurdes sunnites contre Kurdes yézidis a défrayé les chroniques du Kurdistan.

Tout a commencé au village de Shêxan, au nord de Mossoul, quand une Kurde sunnite, après une engueulade familiale, s'est tirée en voiture avec deux Yézidis. En fait, voulant échapper semble-t-il à un mariage forcé, elle a eu l'imprudence de faire du stop et les deux Yézidis la mauvaise idée d'accepter de la conduire à Duhok. La famille a hurlé au rapt, zigouillé la fille et s'est mis en chasse des deux Yézidis, qui se sont carapatés vite fait. Les Sunnis se sont alors rabattus sur ce qui leur tombait sous la main et ont brûlé plusieurs maisons yézidies et quelques voitures. Un groupe armé a même cerné la demeure du prince Tahsin Sayid Beg, le chef spirituel de la communauté yézidie. Ils ont tiré, mais mal semble-t-il, puisque heureusement personne n'est mort et que le prince s'en tire avec quelques impact de balles sur ses murs.

Alerté, le Gouverneme…

Radio, exposition, cinéma : Hermès Trismégiste, Islam, Arménie, Dol

Radio :

Samedi 24 février, à 23h00 sur France Culture : Les Vivants et les dieux - Hermès Trismégiste ou le Corpus Hermeticum. Avec Alain Segonds à propos de la réédition des quatre traités d'André Festugière (La Révélation d'Hermès Trismégiste, Belles Lettres). M. Cazenave.

La figure d'Hermès et sa gnose est aussi essentielle que Plotin dans le soufisme et la pensée gnostique, surtout la philosophie de la Lumière. Sohrawardi le mettait, dans son panthéon personnel, au rang d'un Insan al-Kamîl, ou Homme Parfait, autrement dit parmi la succession des Sages de leur temps, avec Zoroastre, Jean, Aristote, etc.

Du lundi 26 février au vendredi 2 mars, à 13h30 : Histoire de... l'islam, par A. Meddeb.

-lundi : la fondation.
- mardi : l'énergie de la conquête.
- mercredi : le califat.
- jeudi : la grande discorde. Les Kharidjites.
- vendredi : Entre sunnites et chiites.

Expositions :

Les Douzes capitales d'Arménie : Conciergerie, 1 quai de l'Horloge, Paris I. Jusq…

Spectacles : Istanbul

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En vedette, les Mevlevi et les Kardes Türküler qui se produisent à la Cité de la Musique du 23 au 27 février. Télérama leur consacre un reportage, avec vidéo d'un cours de sema en ligne, un reportage sur les courants musicaux d'Istiklal et le Pîr mevlevi Hasan Dede, une interview de Hasan Saltik, fondateur de Kalan, et une interview des fameux Kardes Türküler.

Renseignements et réservation ici.


Les Kurdes hadhbaniya

"La ville d'Ushnu est rattachée à Urmiya : c'est également une cité où les plantations d'arbres sont très denses, avec des massifs de verdure, des arbres fruitiers, des récoltes de produits agricoles qui en font un ensemble très fertile, on y trouve des vignobles, des eaux courantes. Elle possède un lot important et une part énorme de tout ce qui profite à Urmiya et Maragha, avec les ressources de sa campagne et l'abondance des approvisionnements. C'est le fait des Kurdes Hadhbaniya qui y séjournent pendant l'été et emploient les environs comme pâturages. "

Ibn Hawqal, Configuration de la Terre, L'Arménie, l'Azerbaydjan et l'Arran, trad. Kramers & Wiet.

La tribu des Hadhbaniya continua de prospérer et atteint son apogée aux XII° et XIII° siècles, puisque les Kurdes ayyoubides étaient des Hadhbaniya. Quant à Ushnu, aujourd'hui Oshnaviyeh en persan et Shino en kurde, c'est une ville comprise dans la province d'Azerbaydjan occid…

Les Balus du Kerman

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A Ride to India Across Persia & Baluchistan" by Harry De Windt (1891)


"Les monts des Qufs sont longés au sud par la mer et finissent au nord dans les alentours de Djiruft, Rudhbar et Quhistan d'Abu Ghanim ; à l'est ce sont Akhwash et le désert qui sépare les Qufs du Mekran ; à l'ouest ce sont les Balus, aux alentours de Manudjan et d'Hormuz. Ces derniers sont répartis en sept groupes, chacun d'eux dirigés par un chef. Les Balus sont de la race des Kurdes et constituent une de leurs tribus. Ils comptent, au témoignage de leurs propres déclarations, environ dix mille hommes, a nimé d'un esprit indépendant et résolu : l'Etat leur imposait un tribut pour les neutraliser ; néanmoins ils se livraient au brigandage sur les routes et représentaient une menace permanente pour les moyens de communication dans l'ensemble du Kerman, les steppes du Séïstan et la frontière du Fars. Le prince réussit à annihiler leur puissance et à briser leur cohésion, e…

Le Néo-araméen "Barzanî"

De quoi alimenter les fantasmes antio-sionisto-KRG, mais flânant sur Wiki, j'ai découvert que la région de Barzan avait donné son nom à un des dialectes néo-araméens du Kurdistan, parlé par les juifs de la région, aujourd'hui disparu.

Apparemment, ce dialecte, appelé aussi Lishanid Janan, était parlé dans trois villages du Kurdistan, Bijîl (qui donna aussi son nom au dialecte), Barzan et Shahe. Le dernier juif à avoir le dialecte "Barzanî" comme langue maternelle est mort en 1998. Les autres juifs qui en israêl emploient encore cette langue (mais pas en langue maternelle) ont tous plus de 70 ans, il est donc à parier que le néo-araméen de Barzan est voué à disparaître, du moins en tant que langue vivante.

Sa fiche linguistique se trouve également ici, où on le recense bien comme Néo-araméen barzanî.

Cette semaine coup de projo sur : Mihemmed Arif Cizirî

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Mihemed Arif Ciziri (ou Cizrawi) est né en 1912 dans la ville de Cizîrê Botan, où il passa son enfance. En 1925, après l'échec de la révolution de Sheikh Saïd il fut emprisonné, jusqu'en 1928, date à laquelle il fut libéré par amnestie. Il partit alors pour Zakho et puis Duhok. Là-bas, tout en exerçant les fonctions de circonciseur il commença à se produire en public. Puis il ouvrit un restaurant, mais sans cesser de chanter. C'est en 1949 qu'il put enregistrer à Bagdad une centaine de chansons, destiné au programme kurde de la radio irakienne.
Radio Bagdad et ses émissions kurdes jouait un rôle aussi important que Radio-Erivan à la même époque, alors que chanter sur les ondes turques ou syriennes était impensable. A Bagdad, il fut en contact et se lia d'amitié avec d'autres grands noms de la chanson kurde, Almas Xan, Hesen Zirek, Tahir Tewfiq, Nesrin Shêrwan, Meryem Xan et Eli Merdan. Accédant par Radio-Bagdad à une diffusion dans tout le Kurdistan, il put en…

Kurdes et Lours du Fars et du Khuzistan au X° siècle

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Atlas historique, dir. Georges Duby, Larousse 1978.

La distinction faite entre Kurdes et Lours est très moderne. Ibn Hawqal ne la fait pas au Xème siècle, pas plus que Shref Khan ne la fera au XVIème.
Sinon on voit que le mode de vie nomade n'a rien à voir avec la pauvreté rustique des derniers koçêrs. Comme les autres grandes confédérations nomades, berbères, turques, mongoles, la "civilisation" des tentes égalait en faste celle des sédentaires, qu'elle pouvait dominer d'ailleurs politiquement et financièrement comme cela semble être le cas des puissants Kurdes du Khuzistan et du Fars.

Le Luristan :

"Lur est une contrée bien caractéristique, prospère, où prévaut un climat de montagne : dépendant autrefois du Khuzistan, la région a été rattachée à la province du Djibal. On y trouve une steppe, un district administratif et des cantons ruraux. Dans sa grande majorité la population est kurde ; dans le voisinage le plus proche des Kurdes, le sol est fertile et humid…

Les Kurdes de Djézireh et d'Irak au X° siècle

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En Djézireh :



La Djézireh. Ibn Hawqal, seconde moitié du X° siècle.
Quelques repères :

8 : Alep ; 37 : Mont Sindjar ; 44 : Mossoul ; 46 : Amid (Diyarbakir) ; 50 : Nisibe ou Nisibîn ; 54 : Harran ; 56 : Mardin ; 57 : Edesse ou Urfa ; 59 : Diyar Bakr (la région) ; 75 : Mayyafarqîn (auj. Silvan) ; 84 : Suq al-Ahad ; 82 : Kafar'azza.

A Mossoul (44) :
"De nombreux groupements y trouvent une résidence d'été comme un gîte d'hiver ; ce sont des fractions arabes des tribus de Rabi'a et de Mudar ou encore des Yéménites, ou même des groupes kurdes, comme les Hadhbaniya, les Humaidiya, les Lariya."

"Dans une ville appelée Suq al-Ahad (82), les marchés rassemblent, à l'occasion des foires périodiques, les laboureurs et les Kurdes qui y trouvent des effets et toutes sortes d'objets de commerce. C'était une ville au sol fertile, aux abondantes ressources, située près de la montagne, au bord d'une rivière qui se jette non loin de là dans le Grand Zab (79). …

Cavaliers kurdes dans le Caucase

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24 janvier 1915, New York Times.


5000 ans d'histoire en 90 secondes

Ou comment l'on peut voir que le Moyen-Orient n'a jamais cessé d'être envahi par un peu tout le monde... Même par les Kurdes avec l'empire ayyoubide ! Un moyen aussi de se rendre compte des proportions réelles qu'avaient les différents empires.

TV, cinéma : Irak, Dol

Lundi 19 février à 22h35 sur Canal + : Grand Reportage - Irak, agonie d'une nation. Paul Moreira, 2007.

Dol ou la vallée des tambours : vendredi à 11h40, Reflet Médicis III, 7 rue Champollion, M°ST-Michel, Cluny.

Expo photos : Les Yézidis du Kurdistan

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Les Yézidis du Kurdistan

photographies Eszter Spät

vernissage samedi 17 février 2007 à partir de 17h

Institut kurde de Paris
106 rue Lafayette 75010
M° Poissonnière

l’exposition est ouverte au public du 19 février au 2 mars 2007
du lundi au samedi de 14h00 à 19h00

Temple de Sheikh Adî à Lalesh






Kitab surat al-Ard

"La plupart des Berbères qui vivent dans la région comprise entre Sidjilmasa et le Sus, Aghmat, Fès, les cantons de Tahert, Ténès, Masila, Biskra, Tobna, Baghay, Akirbal, Azfun, les environs de Bône, Constantine-de-l'Air, le pays des Kotama, Mila et Sétif, sont hospitaliers pour les voyageurs et leur procurent des vivres. Une partie d'entre eux ont des moeurs détestables : ils se livrent eux-mêmes à leurs hôtes en manière d'hommage, sans en avoir aucune honte, les plus hauts placés et les plus beaux d'entre eux se comportent en cela comme les plus humbles dans leur prostitution à leurs visiteurs ; il leur arrive même d'insister. Le missionnaire Abu Abd-Allah infligea à certains des peines sévères, mais malgré les plus dures corrections, ils n'abandonnèrent pas ces pratiques."

"La ville de Sétif est très productive : proche de Mila et de Masila, elle est aussi voisine de Constantine. Les autochtones berbères ressemblent à ceux que nous avons menti…

Roman de Baïbars : Le Procès du moine maudit

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Avec Le Procès du moine maudit se clot - hélas !- la publication des traductions françaises de ce roman. La moitié du volume est occupée par l'ambassade tumultueuse du Korani, de Saad et d'Edamor chez le roi de Rome, Frédéric. En fait, Frédéric II était déjà mort quand Baïbars devint sultan, mais il eut par contre des relations diplomatiques avec le fils de Frédéric, Manfred, qui fut roi de Sicile. Manfred avait d'ailleurs poursuivi la politique paternelle de collaboration poussée avec les Ayyoubides, puisqu'au moment de la Septième Croisade, il informait le dernier Ayyoubide, le sultan Nadjm al-Dîn Saleh, des mouvements du roi de France vers l'Egypte.

Baïbars envoya aussi une ambassade à Manfred, relatée par Djamal al-Dîn ibn Wasil, dont le récit fut rapporté par Ibn al-Athir, et qui montre Manfred tout aussi préccupé de sciences, de logique, de philosophie que son père.


La seconde partie du récit couvre abondamment les malheurs d'Ibrahim, l'ex-chevalier san…

Cette semaine coup de projo sur : Kayhan Kalhor

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Né en 1963 à Téhéran, Kayhan Kalhor est d'origine kurde, de Kermanshan. En plus d'être compositeur, c'est un célébrissime et magnifique joueur de kemençe (vielle) qui a enregistré seul ou avec Ali Akbar Moradi ou bien le joueur indien Shujaat Hussein Khan ou le Turc Erdal Erzincan. Il a composé pour Mohammad Shajarian ou Shahram Nazeri. Ce CD présente des morceaux pour kemençe et tumbak (Pejman Haddadi). Encore un de mes 5/5 dans le classement, mais cela tient peut-être aussi à l'exceptionnelle beauté du kemençe, dont le son égale celui des plus grands violons classiques.

Radio, cinéma : Iran, Dol

Dimanche 11 février à 18h10 sur France Culture : Cultures d'islam - L'Iran et son histoire. De Darius à Khomeiny. Avec Yves Porter, auteur de Les Iraniens, histoire d'un peuple (Armand Colin) et Yann Richard, auteur de Naissance d'une république islamique (La Martinière). Par A. Meddeb.

Dol ou la vallée des tambours : Reflet Médicis III, 7 rue Champollion. M° Saint-Michel, Cluny. Mardi à 11h40.

Juifs du Kurdistan

Un site qui a l'air très intéressant, mais malheureusement tout en hébreu, sur les juifs kurdistanî : on peut tout de même reluquer photos, paysages, portraits, cartes, objets traditionnels...

Détail piquant j'ai eu l'info et le lien du site sur Keskesor, un site d'actu kurmancî consacré et animé par des Kurdes de Syrie. Comme quoi ils ont raison de se méfier de la Cinquième Colonne kurdo-sionniste les Baathistes syriens hin hin.

Cette semaine coup de projo sur : Ayshe Shan

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Ayshe Shan fut une des grandes dengbêj kurdes. Je reproduis simplement sa nécrologie publiée par le Bulletin de l'Institut kurde en 1996. Sinon, pour écouter, comme toutes les semaines, c'est par ici.
"La plus célèbre des chanteuses kurdes des années 1960-1970, Ayse San est décédée le 18 décembre à Izmir des suites d’une longue maladie. Née à Diyarbakir dans une famille de dengbêj (barde traditionnel kurde), elle était très jeune remarquée par la qualité exceptionnelle de sa voix. Dans un pays où chanter en kurde en public était interdit, sa vocation de devenir chanteuse allait se heurter à une foule d’obstacles. Les radios, les salles de concert, les maisons de disques ne voulant pas prendre de risques de poursuites pénales refusaient de la produire. Finalement, en 1963, le propriétaire d’un jardin de thé avait accepté qu’elle chante chaque soir dans son jardin devant les gens qui venaient passer les soirées d’été autour d’un samovar de thé. Le succès fut rapide. Le sal…

Reportage

Le numéro de Paris-Match de cette semaine publie deux reportages sur l'Irak : un consacré à Jalal Talabani, et sa curieuse vie à Bagdad, où Mam Jalal fait son numéro de charme appelant le journaliste "mon jeune ami" et jurant que sa seule ambition dans la vie était de "devenir professeur d'université". Versons une larme sur les vocations contrariées... :) Il fait aussi une analyse sans indulgence de la bêtise des forces d'occupation américaine, qui ont vraiment tout fait pour que la libération tourne au fiasco, mais pointe aussi les miliciens arabes de tous les pays qui ont infiltré l'Irak.

L'autre est en fait une interview de Munkiss al-Farûn, le procureur général au procès de Saddam, celui qui a menacé de quitter la salle d'exécution (et donc de la sursoir) si l'assistance ne se calmait pas. Interview très fine, profonde, d'un avocat qui est homme de droit et humaniste, qui visiblement met un point d'honneur, ou de conscience, q…