Articles

Affichage des articles du octobre, 2006

Parution : Les paramètres changeants d'un Etat kurde

Image
"La création d'un système étatique au Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale a condamné la population kurde de la région à une existence sans Etat. Deux facteurs relativement directs ont pesé pour qu'un Etat kurde échoue finalement à émerger. Le premier est la forte opposition de la part d'Etats ayant une importante population kurde, en particulier la Turquie. Aucun Etat dans le monde, après tout, n'encouragerait volontiers ce qui pourrait mener à son propre amoindrissement territorial. Le second est lié à l'incapacité des Kurdes à s'organiser eux-mêmes (à l'intérieur de chaque Etat comme au delà des frontières) en une force politique capable d'alimenter sérieusement un mouvement sécessionniste et ainsi, peut-être, de poursuivre une politique irrédentiste contre leurs voisins. Selon les théories admises, si les Kurdes s'étaient organisés suffisamment pour avoir un Etat indépendant, les Kurdes de toute la région auraient souhaité être ré…

Une pétition pour le kurmancî

Il y a toujours eu une petite rivalité kurmancî/soranî au Kurdistant d'Irak. Paradoxalement, le kurmancî, majoritaire parmi l'ensemble des Kurdes est minoritaire dans la Région du Kurdistan d'Irak où le soranî est langue officielle. Actuellement, sur les trois gouvernorats, Erbil, Silêmanî, Duhok, seul ce dernier est peuplé de kurmandjophones. Sur les provinces réclamées par le KRG, Kirkouk, Mossoul, Sindjar, ces deux dernières sont kurmandjis. La question linguistique se posera donc tôt ou tard au Kurdistan du sud.

En attendant une pétition a été lancée sur le web adressée au KRG pour la défense et la promotion du kurmandjî.

Armin T. Wegner

Image
En raison de l'actualité, le documentaire sur Armin Wegner, diffusé sur Arte en septembre 2005, est visible sur le Web. Beaucoup de ses photos sont également visibles.

Biographie d'A. Wegner pour en savoir plus sur une destinée singulière.

De l'islam et de la raison

Quand l'affaire « Benoît XVI, Manuel II et l'islam » a éclaté, je n'en ai absolument pas entendu parler, puisque je me trouvais alors en pays musulman, au Kurdistan, et je dois dire que soit les Kurdes n'étaient pas au courant, soit ils se fichaient éperdument de tout ça, enfin bon il a fallu que ce soit Yahoo France qui m'informe.

De retour, par hasard je tombe sur le fameux discours, et je dois dire qu'en le tournant dans tous les sens il n'y a franchement pas de quoi s'offenser. En gros, le pape, pour louer l'usage de la raison dans la foi, s'appuie sur un texte écrit par Manuel II, relatant un dialogue qu'il a eu lui-même avec un savant musulman, alors qu'il était envoyé par son père, l'empereur Jean V auprès du sultan ottoman Bayazit pour l'aider en sa campagne contre les Mongols en 1391. Le même Bayazit avait d'ailleurs soutenu l'empereur quand un de ses petits-fils s'était révolté, ce qui n'avait rien de sur…

Pour le procès de Saddam, un peu d'ambiance...

Une vidéo visible sur le site de l'UPK, apparemment compilée par des Kurdes faylis (chiites), sans doute à partir des archives de la TV iranienne. Evidemment, images pas gaies et âmes sensibles s'abstenir, bla bla bla...

La musique sentimentale d'ambiance sur la fin énerve un peu, mais ils sont incorrigibles dès qu'il s'agit du kitsch, alors faut s'y faire ou couper le son !


Où l'on reparlera de l'Arménie

Image
Armenia Sacra

Dans le cadre de l'année de l'Arménie

Le musée du Louvre présente pour la première fois une exposition consacrée à l'art chrétien arménien, depuis la conversion de l'Arménie au début du IVe siècle par saint Grégoire l?Illuminateur jusqu'à l'aube du XIXe siècle.

Né aux marges de Rome, au pied du mont Ararat où se serait échouée l'Arche de Noé, l'art chrétien arménien s'est d'abord épanoui aux frontières de Byzance et de l'Islam, puis au contact de l'Orient des croisades, avant de se renouveler, à l'ombre des empires perses et ottomans. Près de deux cents oeuvres illustreront l'extrême singularité et la richesse qui ont résulté de ces confrontations successives, parmi lesquelles manuscrits enluminés, reliquaires et oeuvres d'orfèvrerie.

À titre exceptionnel figureront également plus d'une trentaine de khatchkars caucasiens, grandes dalles de pierre monumentales dressées à la verticale et sculptées de croix,véritab…

Une bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle

On commence par la mauvaise : une assemblée de franchouillards confits de certitudes et d'ignorance de terrain mais dotés tout de même d'une bonne dose de lâcheté, ont voté une loi stupide, désastreuse, qui n'a pas fini de nous amuser, ici comme en Turquie. Le premier qui dit : "Il n'y a pas eu de génocide arménien", la France se fâche !

Je crois que je vais m'abstenir aux prochaines élections, moi.

Allez, la très très bonne nouvelle : le prix Nobel a été attribué à Orhan Pamuk, dont coïncidence, je suis en train de lire Neige. On disait que son jeune âge l'handicapait dans la course, mais finalement, le jury en a décidé autrement. C'est la meilleure chose qui puisse arriver en Turquie en ce moment.

Le fanatique est un orateur sourd comme un pot

Je pense qu'il y a eu génocide des Arméniens en 1915, dans les faits comme dans l'intention. Et cela ne me choque pas que l'on débatte de ce dernier point du moment qu'on ne nie pas la réalité ou l'ampleur du massacre.

Aussi, cette loi d'une stupidité abyssale va seulement mettre les Turcs, les Arméniens (d'Arménie et de Turquie, les autres s'en foutent) dans un beau merdier, sans naturellement résoudre quoi que ce soit. Et le fait que les Turcs qui ont toujours pris courageusement position pour combattre le vrai négationnisme en Turquie, et de façon personnellement plus périlleuse que les députés redresseurs de torts de la république française s'élèvent contre un projet de loi qui est non seulement imbécile, mais qui est l'essence-même de ce contre quoi luttent ces mêmes intellectuels ne semble pas perturber les parlementaires. Faut-il plus parler d'ailleurs de consternante bêtise ou de volonté délibérée (mais qui ne veut pas se dire comme t…

La Montagne kurde

Image
"Voilà des mois que je parcourais en tous sens aussi bien la Turquie que la Syrie. Un peu au hasard. La montagne Kurde, que je découvrais pour la prmeière fois, me plut d'emblée et je devais y retourner maintes fois par la suite. Je m'attachais à cette région, à son climat, à ses oliviers, à ses villages. J'y rencontrais des gens fiers, généreux, curieux de tout. J'aimais les histoires qu'ils me racontaient. Des histoires d'un temps révolu peuplées de personnages hauts en couleur. "En Occident, me dit un jour un chef de village, on parle beaucoup des Kurdes de Turquie et d'Irak, mais pratiquement jamais des Kurdes de Syrie. Nous souhaiterions tellement qu'on sache à l'étranger qu'il existe des Kurdes en Syrie. Pourquoi n'écrirais-tu pas quelque chose sur la montagne Kurde ?" En réalité, j'avais déjà commencé à le faire...