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Affichage des articles du mai, 2006

Vie des saints musulmans

"Un des disciples de Doû'l Noûn avait fait quarante pèlerinages, quarante retraites de quarante jours dans la solitude, prié la nuit pendant quarante ans et il n'obtenait, malgré toutes ces prouesses, aucune lumière de l'invisible, aucun regard de l'Ami caché. Comme il se lamentait, son maître lui dit de se coucher ce soir-là sans prier après avoirmangé tout son soûl. "Il arrivera, dit-il, sans doute que l'Ami ne te regarde pas avec l'oeil de la miséricorde, il te regardera du moins avec celui de la colère." Le disciple mangea donc à sa faim, fit néanmoins la prière du soir et vit en rêve le Prophète, qui lui dit : "l'Ami t'envoie le salut et il a ajouté : "Bien pusillanime celui qui, à peine arrivé à ma cour, a hâte de s'en retourner ! Dans cette route-là, pose le pied comme doivent faire les hommes de coeur et alors il faudra bien que nous te donnions la récompense de tous les exercices de piété que tu as accomplis pendant…

Concert

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Enfant de l'exil, parisien d'adoption, Issa Hassan l'un des maîtres du Bouzouk, nous offre un 5ème album « La cinquième saison » (Arion ? 2005) à son image : à la fois enraciné dans sa culture kurde et imprégné des parfums de ses voyages et rencontres. Dépassant sans encombre les frontières de la musique orientale traditionnelle, Issa signe ici un répertoire captivant entre atmosphère mélancolie et élans festifs !
Extrait 1 - Extrait 2 - Vidéo (si vous avez un problème pour lire les extraits cliquez ici)Le parcours d'Issa commence il y a bien longtemps, dans un petit village du Kurdistan de Turquie, quand ses grands parents prirent le chemin de l'exil, vers un pays qui devait à l'époque représenter une certaine sécurité : le Liban. Une trentaine d'années plus tard, y est né celui qui est en train de devenir un des maîtres du bouzouk et un des musiciens orientaux dont les rencontres avec d'autres horizons musicaux permettent d'envisager avec enthousia…

Les états mystiques des pèlerins

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Décidément, il écrivait pas avec ses pieds Shihâb ad-Dîn, et Corbin est un sacré bon traducteur aussi...

"272.- Sur les Frères de l'esseulement illuminent des lumières et elles comprennent plusieurs catégories. La Lumière d'un éclair se présente aux novices, elle fulgure et se replie comme la fulguration d'un éclair délicieux. Se présente aussi aux autres la Lumière d'un éclair plus vif que celle-là et qui ressemble plus à l'éclair, sauf que c'est un éclair grandiose. Souvent l'on entend, en même temps que lui, un bruit qui ressemble à celui d'un tonnerre ou à un bourdonnement dans le cerveau. Une Lumière soudaine et délicieuse dont l'irruption ressemble à ce que serait celle d'une eau brûlante sur la tête. Une Lumière qui persiste un temps assez long, qui subjugue avec violence et qui s'accompagne d'une sorte de torpeur dans le cerveau. Une Lumière extrêment douce qui est sans ressemblance avec l'éclair, mais qui est accompagné…

Qui a tué le cheikh Machouk ?

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Un an après la mort du Cheikh Maachouk al-Khaznawî, l'affaire reste toujours mystérieuse et en tous cas non élucidée. Mais le sera-t-elle jamais ?

Le 10 mai 2005, le Cheikh Khaznawi reçoit un appel de personnes prétendant avoir un vieux père malade et le réclamant à son chevet. Pouvait-il se rendre chez eux pour petit-déjeuner le matin ? Il semble que le Cheikh était sceptique sur cette histoire. Selon ses fils, il aurait même dit : "Quand les forces de sécurité cesseront-elles de me harceler ?" mais il accepta tout de même de s'y rendre (comme pour Ghassemlou, comme pour Sherefkandi, cette manie des leaders kurdes de se rendre "quand même" à un rendez-vous avec leurs assassins...). On ne devait plus le revoir vivant, après qu'il ait prévenu : "Je serai de retour dans deux heures."

Pourtant, presque un mois après sa disparition, un officiel du gouvernement avait déclaré à ses fils qu'ils auraient bientôt de bonnes nouvelles concernant leur …

Max Weber et les tribus kurdes

Je suis souvent consternée par cette invasion de la sociologie dans toutes les sciences humaines, qui va souvent de paire avec la disparition d'une belle écriture au profit d'un jargon épouvantable, dont la laideur n'égale que celle légué par le jargon philosophique allemand. Ainsi quand je bouquine des thèses ou des mémoires sur les confréries kurdes, je me tape un fou-rire quand je vois qu'il ne s'agit que de déterminer si le soufisme forme bien un groupe charismatique tel que l'a défini max Weber... (et la réponse est invariablement oui, j'imagine, pas de souci à se faire). Je me demande quand même en quoi les travaux de cet Allemand né au 19° siècle apportent de vérité essentielle à la compréhension d'une société musulmane au 21°, mais bon, on le lit à toutes les sauces dans les thèses sociologiques.

Tout de même, partir sur un terrain inconnu avec une grille d'analyse déjà faite, n'est-ce pas le contraire de l'Usage du monde ? Même Ibn K…

Sur le retour, les prophéties et les songes

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"Lorsque les Lumières-Espahbad ont vaincu les substances nyctiphores, lorsque leur amour et leur ardent désir du monde de la Lumière se sont intensifiés, lorsqu'elles resplendissent de l'éclat des Lumières archangéliques et qu'enfin l'habitus de se conjoindre avec le monde de la Lumière pure est actualisé en elles, alors, au moment où se dissout la citadelle de [leur corps], elles ne sont pas antraînées vers d'autres citadelles, si parfaite est leur force et si intense l'attraction qui les entraîne vers les sources de la Lumière."- 237.

"Lorsque tu as compris que la jouissance consiste en ce qu'un être atteigne à ce qui lui correspond, et en ce que cet être perçoive qu'il a atteint cette chose ; qu'en revanche la souffrance d'un être consiste en ce qu'il ait conscience d'avoir atteint quelque chose en discordance avec lui-même, et qu'il le perçoive quant à cette discordance ; [lorsque d'autre part tu as compris] que…

Du système de l'Être

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IV. Où l'on explique que le mouvement des sphères célestes est un mouvement volontaire et comment le multiple émane de la Lumière des Lumières.

"144.- Thèse sur la générosité de la Lumière des Lumières.
La générosité consiste à combler un désir, sans attendre quelque chose en retour. Celui qui recherche gloire et récompense n'est qu'un mercenaire. De même celui qui cherche par là à échapper au blâme ou à quelque chose de tel. Rien n'est plus généreux que ce qui est Lumière, dans la réalité constitutive de son être, car la Lumière s'épiphanise et effuse par soi-même sur tout réceptacle. Le roi au sens vrai, c'est celui qui possède l'essence de toute chose, mais dont l'essence n'appartient à aucune, et c'est la Lumière des Lumières."

X. Explication de la science divine conformément à ce qui est la doctrine de l'Ishrâq.

163. - Sache que le blanc semble plus proche, quand il y a quelque chose de noir et quelque chose de blanc sur une surfa…

Que la Lumière n'a pas besoin de définition

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"107. - S'il y a dans l'être quelque chose qui n'a besoin ni qu'on ne définisse ni qu'on l'explique, c'est cela l'apparent (zâhir). Or il n'est rien qui soit plus apparent que la Lumière. Donc il n'est rien qui soit plus que la Lumière indépendant de toute déifnition."

La Sagesse orientale, Livre premier, "Sur la Lumière et son essence ; sur la Lumière et ce qui émane d'elle en premier". Shihaboddîn Yahya Sohravardi.

Conférence

Engin Sustam et Véli Pehlivan
(EHESS)

La rupture et la formation de la littérature kurde dans le contexte de la migration socio-politique après 1980 en Turquie contemporaine"

"Un poète kurde de langue turque Ahmed Arif "

Jeudi 18 mai, de 16h à 18h
salle IISMM, 1er étage, 96 bd Raspail, 75006 Paris

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Axe « Littératures en pays d'Islam »
« ORIENT- LITTERATURES -Voix féminines -voix de l'exil » 2005-2006

2e et 4e jeudi du mois 14h-16h, à partir de novembre 2005,
1er étage, 96 boulevard Raspail 75006 Paris EHESS-IISMM.
(avec quelques séances intercalaires : le 1er ou 3e jeudi du mois de 16h à 18h, le lundi de 11h à 13h, salle 801, 54 bd Raspail et le 1er vendredi du mois, 16h-18h, salle habituelle, à partir de février 2006)


L'objectif de ce séminaire est de poursuivre la recherche déjà entamée l'an dernier sur les relations des littératures contemporaines en pays d'Islam : la mise en perspective, les articulations, les similitude…

Shaykh al Ishrâq

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"Il nous faut revenir à ce qui constitue l'intuition fondamentale de Sohravardî. Elle dépouille les existants de tous leurs caractères inessentiels (quantité, qualité, relations, lieu, appartenance à telle ou telle espèce) et permet de percevoir en eux ce qui les fait être, l'origine intérieure de leur acte de présence au monde."

"il (Mollâ Sadrâ) affirme que la grande découverte de Sohravardî est celle-ci : la réalité authentique de chaque chose se situe au-delà de sa quiddité, elle séjourne par-delà l'essence l'existence de cette chose, car elle engendre, dans un même mouvement d'existentiation, essence et acte d'exister. Cette réalité, Sohravardî la nomme "Lumière"."

"Être, c'est être-Lumière, manifester un acte de présence et de cohésion."

"Ne pas être, c'est être incapable de produire, d'illuminer, de multiplier autour de soi des manifestations de soi, d'irradier de la différence. Ce défaut intrinsè…

Expo photos : Kurdistan d'Irak

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Exposition virtuelle de Jean-Claude BOURBAULT


Samedi 13 mai 2006
à partir de 18h00


L'exposition est ouverte au public
jusqu'au 27 mai 2006
du lundi au samedi de 14h00 à 19h00
Institut kurde de Paris
106 rue Lafayette
75010 Paris M° Poissonnière

Sur la piste des dragons... de l'Est

Quand j'avais exploré les terres des dragons kurdes, j'avais trouvé des correspondances avec les vieux mythes indo-européens, et ce notamment grâce au bouquin passionnant de Bernard Sergent sur "Les Indo-Européens". Maintenant un point qui semblait affaiblir cette correspondance (et apparemment Dumézil a buté là-dessus aussi) , était la ressemblance frappante de ce dragon de printemps et même de l'autre, celui du soleil, avec les dragons chinois. Et voilà que j'apprends du même Bernard Sergent qu'il y aurait une "énorme influence" des Indo-Européens sur la Chine, et que bien que cela ne plaise guère aux Chinois, il paraît que cette influence est à l'étude. Finira-t-on finira par trouver que le dragon est en fait né en Mésopotamie ?

Le Kurdistan d'Irak, coincé entre PKK et Turquie

Il y a quelques jours, Leyla Zana faisait une visite au Kurdistan d'Irak, dans le but de rencontrer Massoud Barzani et Jalal Talabani, soit les présidents kurde et irakien, afin de parler, non d'une solution négociée au problème kurde en Turquie, mais de ce qui la préoccupe davantage, c'est-à-dire l'éventuelle pénétration des troupes en Turquie pour en chasser les bases PKK. Ce qui est bien avec Leyla Zana c'est qu'on sait toujours pour qui elle roule. Remarquablement silencieuse durant les émeutes de Diyarbakir, celle qui aime prendre des poses de Pasonaria kurde, se soucie énormément, donc, des incidents de frontières en Irak. N'écoutant que sa compassion, elle se rue donc chez Barzani pour ... ? Expliquer aux Kurdes du sud comment il faut faire pour avoir un Etat non agressé par l'armée turque ? Barzani, gentiment, a en tous cas répondu indirectement à la nouvelle ligne belliciste du PKK, que le radicalisme était dépassé, que la manière forte ne pouv…

Appel à contribution

Annales Islamologiques no 41 (juin 2007)


En juin 2007, les Annales Islamologiques publieront un numéro thématique consacré aux conventions diplomatiques dans le monde musulman. Les chercheurs intéressés sont invités à soumettre des propositions de contribution. Ces propositions d'articles (titre et résumé d?une page maximum) devront être envoyées avant le 15 juin 2006 à cette adresse email : Une réponse sera donnée aux auteurs avant le 30 juin. Les textes définitifs, en français, anglais ou arabe, devront être transmis à la coordinatrice début octobre 2006 au plus tard. Ils seront soumis à un comité de lecture qui pourra, le cas échéant, demander des modifications aux auteurs.


"Les conventions diplomatiques dans le monde musulman :
L'umma en partage
(1258-1517)

Au lendemain de la conquête mongole, des régions aux traditions islamiques anciennes se retrouvent brutalement confrontées à de nouveaux codes et doivent se soumettre à un pouvoir structuré par des représentations du m…

La Maison dorée de Samarkand

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Dans La Maison dorée de Samarkand, Corto Maltese traverse l'Anatolie de 1920, alors en plein guerre d'indépendance turco-kurdo anti-arméno-russe. Comme dans Les Ethiopiques ou Le Scorpion du désert, Pratt affectionne les effondrements des empires et ces grands foutoirs où nations du monde et cultes hétérodoxes s'allient et se combattent, entre cupidité des chercheurs de trésors, idéaux patriotiques laminés, confréries secrètes, rêves, transes et passage dans le barzakh...

A Van, nous tombons sur des croquis savoureux de Kurdes. Il y a d'abord les bataillons "musulmans", donc turco-kurdes qui a priori se sont alliés, mais contre qui ? pour quoi ? Comme le dit Corto en Cilicie alors que les français s'apprêtent à se replier (et laisser dans la mouise les Arméniens sur place) :



De fait, dans le camion qui l'emmène à Van, Corto apprend de la bouche du "bandit" Reshid le Kurde que les sentiments fraternels entre ces deux peuples sont plus que mitig…