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Affichage des articles du mai, 2005

Une Expérience sociologique : juifs kurdes en Israël

« UNE EXPÉRIENCE SOCIOLOGIQUE »,  Saul Adler, paru dans Sion, n°3, avril 1950, pp. 19-20. 
Comparons cet état de choses (...) à la situation à Jérusalem avant la Deuxième Guerre mondiale. Prenons un exemple extrême. Deux hommes, dont l’un est juif kurde et l’autre juif aschkenazi, c’est-à-dire de l’Europe centrale, travaillent sur un même chantier. Tous deux sont membres de la Histadruth et reçoivent le même salaire. Ils ont dans la vie le même but : vivre en Israël, fonder une famille, participer à l’édification du pays ; ils parlent la même langue, l’hébreu, bien qu’avec des inflexions différentes. A part ces points communs, ils sont entièrement différents du point de vue social. Considérons, par exemple, leur attitude envers les femmes de leur famille, qui est, à mon avis, le plus utile des critères en matière de classification sociologique en Moyen-Orient. Pour le juif aschkenazi l’idée que sa femme est son égale est indiscutable ; pour le juif kurde cette idée est non seulement …

Deux chercheurs en ethno-musicologie expulsés de Turquie (suite)

Malgré l’envoi de cette pétition, et malgré l'intervention personnelle, parallèlement, du président d'Amnesty International, les deux chercheurs ont été arrêtés et reconduits à la frontière. Aucune réponse n'a été envoyée aux pétitionnaires, ni à A.I.

L’explication fournie ultérieurement par les autorités turques au consulat grec a été que Ioannis Kanakis avait séjourné plus de 90 jours successifs sur le territoire turc sans titre de séjour. Ceci est doublement faux : il avait fait une demande de permis de séjour, restée sans réponse, et il avait quitté la Turquie en février pour deux semaines.

L’explication fournie après l’expulsion au consulat français a été que Estelle Amy de la Bretèque n’avait pas effectué de demande de permis de séjour, ce qui est faux.

Les deux chercheurs avaient fait leur demande de permis de séjour dans les délais légaux, et avaient dans toutes leurs démarches administratives suivi strictement les indications qui leur étaient fournies par le départem…

À cinq heures de l'après-midi

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Je ne sais pas pourquoi, j'ai trouvé ce film beaucoup plus poignant, plus déchirant qu'Osama, peut-être parce qu'il n'y a pas un seul personnage vraiment antipathique, qu'ils sont tous poignants, oui, même le vieux con à barbe blanche, qui pleure sur la chute des talibans, puisque Kaboul et ses femmes peu à peu dévoilées est devenu une Babylone de péchés... rien à voir pourtant avec l'odieux mollah d'Osama, dans cet homme étroit, toujours tempêtant, demandant pardon à Dieu quand il voit une femme, mais qui en a deux sur le dos, sa fille et sa bru, la première voulant devenir présidente de la république, comme Benazir Bhutto au Pakistan (qui pourtant, lui rappelle une camarade d'école, a soutenu les talibans), la seconde ignorant qu'elle est déjà veuve, avec un enfant qui se meurt doucement, faute de lait. Mais ce n'est pas un mélodrame de bout en bout, il y a de jolis moments avec le poète à vélo, et ce dialogue souriant et drôle avec le soldat …

Négationnisme et sanction

"La conséquence de l'annulation de la conférence à l'université de Bogaziçi sur la Question arménienne fait que la Turquie ressemble maintenant à la France, la Suisse et l'Arménie par son attitude intolérante dans les débats. Si vous vous rendez dans ces pays et dites "Il n'y a pas eu génocide", vous recevez une volée de bois vert ou bien devez faire face à de sérieuses poursuites. Il est devenu clair maintenant que certaines questions ne peuvent être débattues en Turquie."

La façon subtile avec laquelle Mehmet Ali Birand renvoie dos à dos une intolérance commune qui sanctionnerait tout débat contradictoire, "la Turquie menace ses opposants de poursuite et vous, de votre côté, faites taire et intimidez les vôtres" pose une fois de plus la question de savoir si une loi interdisant les négations de génocide est une bonne idée. L'interdiction de propagation d'une idée lui donne toujours un poids qu'elle n'aurait pas eu sans cel…

Génocide arménien : loujours sur la conférence annulée

L'annulation de la conférence sur la question du génocide arménien soulève des remous en Turquie, de nombreux journalistes turcs, même s'ils sont dans le "camp adverse" si je puis dire, désapprouvant cette annulation.

Pour l'équilibre, et pour ne pas faire croire que la Turquie marche comme un seul homme derrière la décision stupide du ministre, voici la traduction d'un papier dans le TDN de Mehmet Ali Birand qui résume assez bien la position de ceux pour qu'il n'y a pas eu génocide mais qui réclament une commission d'enquête libre et ouverte :

"Je ne crois pas qu'il a eu génocide. Cependant, je suis contre le fait de réduire au silence ceux qui n'agréent pas mon point de vue.
A quoi pensait le ministre de la Justice, Cemil Çiçek, qui est d'habitude loué pour ses opinions démocratiques, quand il a tenu ce discours ? Sa déclaration contre toute opinion alternative à ce sujet ressemble à un coup de poignard dans le dos, et est particu…

Pour infos : APPEL COMMUN LANCE AU SENAT BELGE

Par :
- L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique (A.A.D.B.)
- La Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la
Démocratie(F.E.A.J.D.)
- La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (F.I.D.H.)
- La Fondation Info-Turk
- L'Institut Kurde de Bruxelles
- La Ligue des Droits de l’Homme (LDH - Belgique)
- Le Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie
(MRAX)

LA NÉGATION DU GÉNOCIDE DES ARMÉNIENS DOIT, ELLE AUSSI, ÊTRE SANCTIONNÉE PÉNALEMENT


"Bruxelles, Belgique (23 mai 2005) - Dans quelques jours, le Sénat belge examinera et votera le projet de loi 51/1284 relatif à l’extension du délit de négation du crime de génocide. En l’état, le projet voté par
la Chambre est fondé sur une qualification judiciaire du crime de génocide ce qui ne permet pas de sanctionner la négation du génocide des Arméniens qui est survenu avant la mise en place des juridictions internationales compétentes, et qu’il a précisément inspirées. Ce problème est d’autant plus aigu que le…

Communiqué de presse

LA TURQUIE INTERDIT UNE CONFERENCE SUR LE GENOCIDE DES ARMENIENS

"- Une chasse aux sorcières est déclenchée contre les universitaires;
- Le Ministre de la Justice qualifie les chercheurs de " traîtres à la nation "

Bruxelles, Belgique (26 Mai 2005) - La première conférence sur la Question arménienne en Turquie, prudemment intitulée "Les Arméniens ottomans durant le déclin de l'Empire. Responsabilité scientifique et question de démocratie" et qui devait se tenir les 25 à 27 mai à
l'Université Bogazici d'Istanbul a été annulée sur ordre du gouvernement.

La conférence visait selon ses organisateurs "l'émergence de ces pensées différentes et critiques " sur la question du génocide. Les sessions devaient porter sur des thèmes comme "massacre, génocide et le métier d'historien", "les événements de 1915-1916 selon les historiens du XXe siècle dans le monde", "l'intention et l'organisation du génocide", et…

Kingdom of Heaven

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Kingdom of Heaven est un bon film d'aventures, agréable à voir, qui bouscule la réalité historique autant qu'une saga de Dumas, mais j'ai jamais trouvé ça très grave. Seulement le succès qu'il rencontre dans les pays arabes et les déclarations de l'acteur syrien qui joue Saladin font quand même un peu grincer des dents au moment où les Kurdes de Syrie se battent pour exister au sein d'un Etat qu'il n'ont pas choisi.



Extrait de l'interview de Ghassan Massoud, dans le Daily Star :

" Tout dans la vie de Saladin correspond aussi à ma philosophie... Ma culture est celle de Saladin. Ma religion est la même que la sienne et je parle la même langue de lui, j'ai la même géographie et la même histoire. "

" Saladin a été un exemple pour les héros musulmans qui ont redonné aux Arabes et aux musulmans leur fierté et leur dignité".

" Je suis là pour donner aux Occidentaux une bonne image de l'Islam, des Arabes, de Saladin - cet immense…

Les Surprises du Kurdistan

Dans son récit Les Surprises du Kurdistan (éd. Susse, Paris, 1945, Collection : Voyage et aventure), François Balsan, un négociant en laine, voyage au Kurdistan, en Turquie, juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Très admirateur du régime, de la nouvelle Turquie, aucune sympathique pour les Arméniens, "chrétiens hérétiques" et qui l'ont cherché, leur génocide, donc un livre peu suspect de turcophobie.

Il note cependant cette rage turque envers tout ce qui reste du passé arménien, la destruction des églises, des monastères, de toutes traces du peuplement arménien, en parallèle des thèses de la société pseudo-scientifique lancée par Atatürk, essayant pathétiquement de prouver que les Turcs descendent des Hittites (était-ce avant qu'on ne déchiffre le hittite, langue indo-européenne, et donc, comiquement, plus proche des langues arméniennes et kurdes ?)


Exterminer un peuple, puis nier ce massacre en niant l'existence des massacrés, et voilà la spi…

Débat

Une rencontre avec
M. Sami SHORESH
le ministre de la Culture
du Gouvernement Régional
du Kurdistan

en visite officielle en France

aura lieu

à 18h30 mardi 24 mai 18h30

à l'Institut Kurde de Paris
106 rue Lafayette 75010 Paris
M° Poissonnière
entrée libre

Rejuger Öcalan ? Et alors ?

C'est entendu, la Cour européenne a tranché, Öcalan devra être jugé, le procès n'ayant pas été estimé "équitable" en raison de la présence d'un juge militaire dans le tribunal. S'il n'y avait que ça... Il faut se rappeler le climat d'hystérie qui prévalait en Turquie à l'époque, les avocats d'Öcalan, et surtout le principal, Ahmet Zeki Okçuoglu, menacés, plusieurs fois agressés par des bandes nationalistes, les visites à leur client entrâvées par la difficulté d'accès d'Imrali : Quand les avocats réusissaient à obtenir un bateau pour l'île d'Imrali, (et que les autorités jugeaient que les conditions météo permettaient la traversée), il fallait que les défenseurs d'Öcalan affrontent des "mères de soldats turcs" (vraies ou supposées, car ces mères de famille là semblaient bénéficier d'une logistique et de moyens matériels illimités pour manifester tant devant le tribunal que devant ces avocats).

Une fois arrivés …

Les feux de la rampe

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Tout à l'heure commence le Festival de Canne, dont l'un des fims en lice est Kilometre Zéro de Hiner Saleem. On lui souhaite bonne chance !




Colloque

L'Association Primo Levi organise un colloque :


Errances et Solitudes
Effets de la torture et de la violence politique

A l'occasion de la Journée internationale de soutien aux personnes victimes de la torture
24 et 25 juin 2005
Maison internationale de la Cité universitaire de Paris
17 boulevard Jourdan
75014 Paris

Renseignements, programme, inscription

Terroristes ou pas, c'est selon...

Quand L'Observatoire franco-kurde parcourait la Turquie et le "cher Sud-Est" si adoré des Turcs, il avait souvent à répondre aux questions des policiers, militaires, mouchards, etc., sur la raison de notre présence dans des villes aussi improbables que Cizre, Diyarbakir, Van, Dersim qui, durant les années 1999-2001, n'étaient pas précisément hantées par des hordes de Français en short, ce genre de spécimen se retrouvant presque toujours (et encore maintenant, heureusement), en Cappadoce.

Ce qui ne nous empêchait pas d'agiter notre Guide du routard (à quoi l'on reconnaît un Français en voyage aussi sûrement que s'il s'était épinglé le passeport sur le front) sous le nez des autorités en lançant le sésame "turist ! turist!" Même à Ovacik Plage, parfaitement !

Il est même arrivé que des policiers, plus fins que les autres, ou plus gradés et donc plus intelligents, (en tous cas nettement plus glamour, puisque la Turquie étant un pays d'ordre e…

Exposition-photos

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Kurdistan : "Terre des dieux et des princes"





Du 9 au 17 mai 2005 - La municipalité de Dugny (93440) avec la collaboration de l'Institut kurde de Paris présente une exposition photographique de

Roxane.



L'exposition est ouverte au public :
du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h30
le samedi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h00.

Adresse :
Espace Victor Hugo
AVENUE AMBROISE CROIZAT/ RUE GUYNEMER 93440 DUGNY
01 48 36 19 92

TV : Vodka lemon

Télévision



Canal+, mardi 10 mai à 3h10 : Vodkal lemon, film de Hiner Saleem, 2003. 90 mn.

Vodka Lemon

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Vodka Lemonest un charmant film étonnamment post-soviétique. je dis étonnamment parce que Hiner Saleem est un Kurde méridional, mais peut-être qu'à force de tourner en Arménie il finit par devenir un cinéaste du cru. Car loin de l'exubérance sentimentale d'un Bahman Ghobadi, Hiner Saleem travaille, lui, tout en sobriété, et de façon extrêmement plus risquée dans l'intrigue de Vodka Lemon, au sens où ses personnages sont d'un abord moins évidemment sympathique et tire-larmes que les beaux enfants tristes des Tortues volent aussi. Les héros de ce film sont en effet deux veufs d'âge respectable, qui en allant périodiquement se recueillir sur la tombe de leurs conjoints , s'éprennent l'un de l'autre. Cette idylle aux cheveux blancs n'a cependant rien de ridicule, car elle ne nous assène pas la guimauve de messages optimistes du genre "l'amour est beau à tout âge" ou "la vie continue malgré tout et l'espoir revient". Non, …