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Affichage des articles du mars, 2002

Ankara

On doit (re)passer à l'ambassade pour le passeport de Roxane en espérant que tout sera fait à temps et qu'on pourra décoller à 15h. Rien de notable hier. Bouffé de la friture de poissons. Toujours dans la lecture du "Mahabharata".

16h15. Encore dans l'avion. Je me demande pourquoi il y a des peurs auxquelles on ne s'habitue jamais.

Ankara

Jour maussade et pluvieux à Ankara. Rien à foutre dans cette ville sinistre, par temps de pluie comme par beau temps. Après un déjeuner au restaurant, qu'on a réussi à prolonger jusqu'à quatre heures, retour à l'hôtel. Lecture du "Mahabharata".

Diyarbakir

On peut dire que pour la première fois qu'on assiste à un Newroz, c'était la journée la plus étrangement pourrie qui puisse se faire. La loi naturelle de l'emmerdement maximal qui veut qu'une journée de voyage qui démarre mal voit toutes les tuiles prévues ou imprévues lui tomber sur le crâne.

Déjà, le retour. Une pluie bien fournie, de la boue, et Mutlu qui nous replante là encore une fois pour escorter des délégations dont il n'a rien à foutre. Pour lui, il suffit d'attraper une voiture au vol et basta. Tu parles ! Dans ce défilé de voitures bondées, si on avait envie de s'entasser ! A mi-chemin, alors que la pluie s'aggravait, on a réussi à monter dans un dolmush qui se vidait;

A l'hôtel, séchage. Fulminons contre ces connards de Kurdes et leur putain d'organisation de merde qui fait que les gens auxquels ils tiennent le plus sont tenus à l'écart et passent après le dernier des connards qu'ils haïssent. On ressort pour bouffer et boire …

Diyarbakir

10h20. Ville très calme. Les gens ont l'air de se foutre éperdument de la fête. Ils supposent que nous sommes venues pour ça, puisque nous sommes Européennes, mais n'ont pas l'air extrêmement concernés. Les gens bossent, et les gens vont à l'école.


11h20. Finalement, non, ils ne s'en foutent pas. ça se passe "en haut" au seyran, dans la montagne. Et donc, exactement comme le décrivait Khanî, tous les Kurdes se précipitent sur la route, en voiture, en car, en dolmush, en bétaillère, en moto (j'ai vu une grand-mère sur un side-car), à pied. Les gosses, les femmes en tenue, les mecs, les keufs qui essaient de faire circuler tout ça. On dirait un exode. Ils s'entassent si nombreux dans les voitures qu'on a l'impression qu'on a refermé le toit sur eux, comme un couvercle, après les avoir tous mis en conserve. Il y a des jeunes qui s'accrochent en grappe aux remorques qui passent. Je suis sûre que les chauffeurs ne savent plus exactement …

Diyarbakir

8h30. Arrivée. Contrôle. Hôtel, le patron un peu tendu. On dirait que "la fête" n'est pas encore rentrée dans les moeurs admises. La chambre risque d'être fouillée. Le temps ? Froid, pluie. Moche. Quelle fête !

Quoique le soleil commence à percer dans le froid. Mutlu doit nous retrouver à l'hôtel, à midi.

Vol Paris-Münich.

Nous allons atterrir sur Münich. Après trois xanax, le monde est bien cotonneux. Correspondance à 11h20. Nous aurons probablement de la pluie durant tout le séjour. C'est la tradition du Newroz : de la flotte. Comme chez nous le 14 Juillet.

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Nous volons maintenant vers Ankara. La bouffe est toujours aussi dégueulasse sur la Lufthansa, aussi nous nous rattrapons sur les bières.

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18h. Otogar d'Ankara. Nous partons par le car de nuit pour Diyarbakir. 12 heures de voyages, arrivée à 8 heures du matin, de quoi être très fraîche pour la journée. A l'otogar, ils étaient très contents comme d'habitude de notre destination, surtout aux alentours du 21.